C’est le jour J, vous avez décidé d’arrêter de fumer. Seul ou accompagné, avec ou sans consultation chez un tabacologue, les méthodes de sevrage sont nombreuses. Comment choisir celle qui vous conviendra ? Doctissimo a demandé au Dr Véronique Peim, tabacologue et attachée des hôpitaux de Paris, ses conseils pour ne pas se tromper.

 

méthode arrêter de fumer

Si les chiffres du tabac connaissent une baisse historique, la France compte encore environ 13 millions de fumeurs. Lorsqu’on souhaite s’arrêter de fumer, il n’est jamais facile de choisir la bonne méthode adaptée à ses habitudes, à son comportement ou à sa dépendance. Le mieux est de trouver celle qui vous permettra d’arrêter sereinement, tout en limitant les risques de rechute.

Chaque fumeur est unique

Chaque fumeur est différent. Sa façon d’arrêter de fumer ne sera pas celle de son voisin ou même de son conjoint. D’ailleurs, il est difficile d’affirmer qu’une méthode est meilleure qu’une autre.

Pour déterminer la méthode la plus adaptée pour arrêter de fumer, il faudra s’intéresser à toute l’histoire du fumeur et se poser les questions suivantes :

  • A-t-il déjà arrêté, avec quoi, de quelle manière ?
  • A-t-il été suivi par un médecin ?
  • Était-il satisfait du résultat ?
  • Si cela n’a pas fonctionné, quelle en est la raison ?
  • Veut-il recommencer avec la même méthode ou au contraire changer radicalement ?
  • Surtout, a-t-il un profil qui fait de lui une cible plus importante face aux dangers du tabac, comme les personnes atteintes de maladies causées ou aggravées par le tabac et les femmes enceintes ? 

Que le patient choisisse de consulter un spécialiste ou de se sevrer seul, il doit d’abord se poser ces questions et y répondre afin de choisir sa méthode. La réussite du sevrage tabagique est étroitement liée à la motivation de chaque fumeur et à son degré de dépendance à l’égard du tabac.

 
 
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Les différentes méthodes pour arrêter de fumer

LES SUBSTITUTS NICOTINIQUES

Les substituts nicotiniques fonctionnent très bien, s’ils sont bien utilisés. Il peut s’agir de gommes à mâcher, de patchs à appliquer sur la peau, de nicotine à aspirer grâce à un inhalateur, en pulvérisation buccale ou en comprimés à sucer ou à faire fondre sous la langue. Ils sont disponibles librement en pharmacie, sans ordonnance.

Le Dr Peim rappelle que pour être efficaces, les patchs, les comprimés ou encore les gommes doivent être utilisés au juste dosage : si la quantité de nicotine est insuffisante, les substituts, quels qu’ils soient n’auront pas l’effet souhaité. Autre élément important : le mode d’emploi doit être suivi à la lettre. Les gommes, par exemple, ne doivent pas être consommés comme des chewing-gums ; quant au patch, il faut parfois le retirer pendant la nuit.

LE REMBOURSEMENT DES SUBSTITUTS NICOTINIQUES 

Depuis 2007, les substituts nicotiniques sont pris en charge dans le cadre d’un forfait annuel, à hauteur de 150 € par an. Depuis 2018, certains de ces traitements (gommes à mâcher et des patchs) ne sont plus pris en charge dans le forfait car ils sont désormais remboursables à 65 %, comme n’importe quel médicament. Pour les substituts nicotiniques qui sont pris en charge dans le cadre du forfait annuel de 150 €, certaines conditions sont requises pour être bien remboursé : ils doivent être prescrits sur une ordonnance consacrée exclusivement à ces produits et doivent figurer sur la liste des substituts nicotiniques pris en charge par l’Assurance Maladie (accessible en ligne sur ameli.fr).

Le médicament Varénicline est également remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie, et délivré uniquement sur prescription médicale.

LES MÉDICAMENTS

Certains médicaments tels que le bupropion LP ( Zyban  ®) et la varénicline Champix  ®) peuvent être recommandés au fumeur si les substituts nicotiniques n’ont pas fonctionné et si le sevrage tabagique a été un échec. Ce traitement nécessite toutefois un suivi médical strict et n’est donné qu’en seconde intention chez les adultes ayant une forte dépendance tabagique (score au test de Fagerström qui définit le taux de dépendance supérieur à 7).

Le recours aux médicaments pour arrêter de fumer est limité en raison des effets indésirables importants qui ont parfois suscité certaines controverses, notamment avec la Varénicline (contre-indiqué chez la femme enceinte).

LES THÉRAPIES COMPORTEMENTALES

Les thérapies comportementales associées aux médicaments ont fait leurs preuves. Une étude scientifique américaine s’est penchée sur la question et a fourni la conclusion : en comparant les meilleures méthodes pour arrêter de fumer, elle indique que les interventions comportementales (consultations de conseil individuelles, consultations par téléphone, méthodes d’auto-soutien) utilisées seules ou avec des substituts nicotiniques et des médicaments, se révèlent les plus efficaces.

La thérapie comportementale serait particulièrement adaptée aux femmes enceintes, bien que certains médicaments Varénicline soient contre-indiqués en cas de grossesse ou d’allaitement.

LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE

La cigarette électronique s’est imposée ces dernières années comme une alternative à la cigarette. Inventée en Chine, elle est un dispositif électronique générant une vapeur aromatisée et pouvant contenir ou non de la nicotine (si c’est le cas, à une dose plus faible que la cigarette classique). Cependant, beaucoup de questions subsistent à son propos : est-elle une solution de sevrage à recommander ? Peut-elle être considérée comme un médicament ? Et surtout, est-elle sans danger pour la santé ?

LA MÉDECINE DOUCE

La médecine douce ( acupuncture, hypnose, cigarettes sans tabac, homéopathie…) est parfois présentée comme une alternative, mais surtout pour donner un coup de pouce en complément du traitement de base et sous certaines conditions. En effet, les études prouvent qu’elle fournit des résultats encore peu efficaces quand on souhaite arrêter de fumer et qu’elles ne doivent pas être utilisées en première intention.

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