La décapitation d’un professeur d’histoire dans une rue de Conflans-Sainte-Honorine, dans l’agglomération parisienne, provoque une immense émotion en France. Cinq après la série d’attaques de 2015-2016, les fractures s’aggravent sur la question de l’articulation entre la laïcité et les identités religieuses.

La société française affronte un nouveau traumatisme, après l’attentat survenu hier en fin d’après-midi au cours duquel un Tchétchène de 18 ans, né à Moscou et de nationalité russe, a décapité un professeur de collège, Samuel Paty, qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet. L’assaillant a été aussitôt poursuivi et abattu par les forces de police. Cet attentat est survenu trois semaines après une autre attaque islamiste durant lequel un Pakistanais avait blessé à coups de hachoirs deux personnes qui se trouvaient devant les anciens locaux de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, dont l’attaque du 7 janvier 2015 fait actuellement l’objet d’un procès.

En plein débat sur le rapport entre la laïcité et les pressions communautaristes, l’assassinat de vendredi a provoqué une onde de choc. Neuf personnes ont été interpellées et placées en garde à vue depuis le début de l’enquête vendredi soir. Il s’agit de proches de l’assaillant, mais aussi de parents d’élèves du collège du Bois d’Aulne dans la banlieue ouest de Paris. Plusieurs s’étaient plaints en effet de l’intervention de ce professeur.

Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer devait recevoir samedi matin avec le Premier ministre Jean Castex les représentants des personnels et des parents d’élèves. «Nos enseignants continueront à éveiller l’esprit critique des citoyens de la République, à les émanciper de tous les totalitarismes et de tous les obscurantismes», a déclaré le chef du gouvernement sur Twitter.

Le président Emmanuel Macron s’était lui rendu sur les lieux vendredi soir, qualifiant l’assassinat «d’ attentat terroriste islamiste caractéris黫Ils ne passeront pas. L’obscurantisme ne gagnera pas», a martelé le chef de l’État, dans un pays où les signes de tensions provoqués par les islamistes sont de plus en plus fréquents. Hors de France, la présidente de Commission européenne, Ursula von der Leyen, a notamment adressé ses «condoléances à sa famille et aux Français. Mes pensées vont aussi aux enseignants, en France et partout en Europe. Sans eux, il n’y a pas de citoyens. Sans eux, il n’y a pas de démocratie», a-t-elle écrit.

Condamnations religieuses

Le père Vincent Féroldi, directeur du Service National pour les Relations avec les Musulmans, a réagi hier soir sur Twitter avec ces mots : «Ce soir, la communauté éducative nationale est en deuil après l’horrible décapitation d’un professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine. Toutes mes pensées et ma prière vont vers sa famille, ses collègues et les élèves de son collège. La vie humaine est sacrée.»

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), interlocuteur privilégié des pouvoirs publics mais dont la représentativité fait débat au sein des communautés musulmanes, a immédiatement exprimé sa ferme condamnation de l’attentat : «Nous sommes profondément choqués par l’assassinat barbare d’un enseignant du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine. Nos pensées et prières vont vers sa famille et ses proches. Mobilisons-nous avec force contre l’obscurantisme, la haine et la violence.» Les membres du CFCM ont également ajouté, toujours sur Twitter: «Face à ceux qui cherchent une raison à ce crime ignoble en évoquant les caricatures du prophète de l’Islam, nous réaffirmons que rien, absolument rien, ne saurait justifier l’assassinat d’un Homme.»

(Avec AFP)

Vatican News

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