Attentat terroriste de Kafolo en Côte d’Ivoire: toute la vérité! (1ère partie!)

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Vous allez lire des vérités qui font mal, des vérités amères, mais des vérités qui méritent d’être portées à la connaissance du public pour essayer de comprendre le fiasco gigantesque qui a conduit au carnage du 11 juin 2020. Carnage au cours duquel treize (13) de nos soldats ont été surpris et froidement abattus dans la localité de Kafolo à 65 km de Kong!

1ère PARTIE – ATTENTAT TERRORISTE DE KAFOLO :
TOUTE LA VÉRITÉ SUR LE MASSACRE COMMIS CONTRE LES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ IVOIRIENNES.

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Chers lecteurs,

Vous allez lire des vérités qui font mal, des vérités amères, mais des vérités qui méritent d’être portées à la connaissance du public pour essayer de comprendre le fiasco gigantesque qui a conduit au carnage du 11 juin 2020. Carnage au cours duquel treize (13) de nos soldats ont été surpris et froidement abattus dans la localité de Kafolo à 65 km de Kong.

En réalité, ce deuxième attentat terroriste subit par notre pays n’est aucunement une surprise pour les experts du renseignement et pour les populations locales, tant était répandue dans toute la communauté l’information selon laquelle une attaque djihadiste était imminente. L’on est en droit de se poser la question suivante : pourquoi une telle opération, qui a fait l’objet d’autant de publicité, n’a-t-elle pu être évitée ?
Nous allons dans cette enquête vous révélez les failles et l’incompétence du gouvernement ivoirien dans la lutte contre le terrorisme, ainsi qu’une forme de laxisme qui frise la complicité involontaire avec les terroristes.

D’abord, il faut savoir que l’attaque de Kafolo est l’œuvre d’une cellule de combattants de l’État Islamique dans le Grand Sahel (EIGS) rattachée à un émir du nom de Sidibé Abdramani alias Hamza. Le commando qui a opéré en Côte d’Ivoire était sous le commandement d’un de ses fidèles lieutenants. Ce groupe est bien connu des services de renseignement burkinabè.

Suite aux pressions militaires de l’armée burkinabè, ils ont fait mouvement vers la Côte d’Ivoire et leur présence a été signalée aux autorités ivoiriennes.
Ainsi, grâce aux renseignements fournis par les services de renseignement burkinabè, la Côte d’Ivoire a été informée que cette cellule était localisée dans la zone forestière comprise entre Kafolo, Doropo, Bouna et Kong, c’est-à-dire à proximité du Parc national de la Comoé. Leur base logistique, selon les informations recueillies, est le village de Bolè et leur zone d’opération financière est la ville de Kong, où ils ont plusieurs complices. Ils sont dans cette brousse depuis plusieurs mois et y vivent avec leurs épouses. Les ratissages opérés dès les premières heures de l’attaque de Kafolo ont permis d’appréhender quatre individus à Bolè, sous-préfecture de Tougbo dans le département de Téhini, qui sont :

− Barry Adama, présenté comme l’un des lieutenants d’Hamza ;
− Boly Ousmane ;
− Barry Oumar ;
− Sone Yaro.

Il faut dire que l’épicentre de cette attaque est la ville de Kong. C’est dans cette localité que le commandant de la brigade de gendarmerie avait naïvement donné l’information à un civil sur une opération anti-djihadiste imminente. Le pauvre commandant de brigade ne savait pas que ce monsieur, un peulh installé dans la ville depuis longtemps et qui était aussi son marabout, était en cheville avec les terroristes. C’est également à Kong que l’un des messagers des terroristes, identifié par les services secrets comme étant Abdoul Barry, encaisse souvent les transferts d’argent effectués via téléphonie mobile, en provenance du Burkina Faso, pour financer la nourriture et les activités du groupe. Il a été établi selon un rapport d’écoute daté du 05 juin 2020 à 17h14, qu’un interlocuteur appelant du Burkina Faso a confirmé à Abdoul Barry le dépôt de cinquante mille (50.000) FCFA sur son compte. Abdoul Barry a confirmé à l’homme qu’il était arrivé à Kong pour retirer cet argent.

Une note des services de renseignement que j’ai pu consulter indique clairement que : « Saïdou Sékou a aussi informé Aymane que les combattants du nord du Burkina voudraient lui envoyer de l’argent, mais ce dernier a instruit que l’argent soit envoyé à leur type qui se trouve à Kong, car sa puce ne peut pas recevoir un tel montant. Il a souligné qu’Abdoul Barry passera chercher pour lui ».

Après avoir frappé à Kafolo, c’est dans cette zone forestière que les terroristes se sont tranquillement repliés, en se payant même le luxe d’emporter avec eux leur camarade blessé au combat.
Quand on voit avec quelle facilité ces terroristes sont entrés en Côte d’ivoire, ont installé leur camp dans la forêt, ont surveillé leurs cibles pendant des semaines, ont amassé leurs combattants, ont concentré leurs forces et ont lancé l’assaut contre la base avancée des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ivoiriennes, on ne peut que crier d’effroi au scandale. Cette attaque pouvait et aurait dû être évitée, car tout le monde savait qu’elle était en préparation. Tout le monde, même les villageois et les gendarmes de Kong le savaient !

Les assaillants

Depuis le mois de mai 2020, parallèlement à « l’Opération Comoé 2020 », « l’Opération Octopus » a été mise en place.
En effet, l’Opération Comoé 2020 consistait à mener une guerre conjointe ivoiro-burkinabè contre les groupes djihadistes opérant à partir de Banfora et Bobo-Dioulasso (au Burkina Faso) et du nord de la Côte d’Ivoire.
Quant à l’Opération Octopus, c’est une opération des services de renseignement des deux pays pour mutualiser leurs informations sur les activités des groupes terroristes et démanteler la cellule djihadiste « Hamza ».
Au niveau de la Côte d’Ivoire, ce sont la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) et le Conseil National du Renseignement (CNR) qui en sont membres. Grâce à l’Opération Octopus, les Ivoiriens ont été informés que la cellule terroriste « Hamza », essentiellement composée de combattants peulhs, est active dans leur pays et qu’elle a des relais sur place.

Sidibé Abdramani alias Hamza, le chef de la cellule est toujours entouré de ses hommes de confiance qui sont :

− Abou Adama, présenté comme son homme de main ;
− Sidibé Drissa alias Katada ;
− Sidibé Ali alias Sofiane.

Ils sont tous dans la nature pour le moment.

Hamza a ses hommes infiltrés dans la région et parmi eux nous pouvons citer :

− Sidibé Hamidou, boutiquier, résidant à Kong et chef de la communauté peuhle de cette localité. Il a été interpellé avant l’attaque ;

− Sidibé Adama alias Cheikh : cousin d’Hamza. Il a été interpellé le 04 mai à Gnouboyo dans la sous-préfecture de Yabayo ;

− Dicko Moussa : le contact privilégié des lieutenants d’Hamza que sont Sidibé Drissa alias Katada et Sidibé Ali alias Sofiane. Il a été interpellé le 20 mai à Mapena dans la sous-préfecture de Kong.

− Sidibé Mamoudou alias Demba. Lui a été capturé au Burkina Faso dans sa fuite.

Grâce aux services de renseignement burkinabè, les services secrets ivoiriens ont pu avoir le numéro de téléphone d’un haut cadre djihadiste et le placer sur écoute. Ainsi, ils suivaient pratiquement minute par minute, les préparatifs de l’attaque meurtrière de Kafolo. Ce haut dirigeant djihadiste du nom de Saïdou Sékou était à la tête d’une des trois factions qui ont attaqué nos soldats le 11 juin 2020, à l’aube.

Grâce aux écoutes téléphoniques, l’on a pu établir que Saïdou Sékou et ses hommes campaient à proximité d’un cours d’eau. Par exemple, le 05 juin dernier, il indiquait à un interlocuteur, « qu’ils ont déjà traversé le cours d’eau. Et que le niveau était haut, mais pas gênant pour celui qui sait nager. Celui qui ne sait pas nager doit utiliser un bidon comme bouée pour pouvoir traverser ».

Grâce aux écoutes, on savait aussi que Saïdou Sékou et ses hommes utilisaient l’eau de ce cours d’eau comme breuvage et pour la cuisine. Ces écoutes ont surtout permis de l’entendre indiquer sa position à un autre groupe de combattants qui devait les rejoindre. Il a donc indiqué à son interlocuteur, « que son groupe se trouve après les touffes d’arbres situées devant l’espace vide à côté du cours d’eau où ils ont passé la nuit, la dernière fois ». Même lors d’un appel, le même Saïdou Sékou a indiqué à un de ses chefs, « que son groupe n’a pas d’ennui, mais le bruit d’un hélicoptère la nuit dernière les a obligés à éteindre leur feu avant que leur nourriture ne cuise pour reprendre la route ».

On pouvait donc facilement les localiser à l’aide d’une carte, car dans cette zone, il n’y a pas beaucoup de cours d’eau. Les djihadistes qui nous ont endeuillés se contactaient fréquemment par téléphone pour coordonner leurs déplacements. Ces derniers sont arrivés en Côte d’Ivoire par petits groupes ou individuellement.
La retranscription de l’interception d’un appel téléphonique indique bien qu’un homme a déclaré à Saïdou Sékou « qu’il est presqu’arrivé dans la zone de Boundiali avec ses compagnons. Saïdou Sékou l’a sommé de ne pas prononcer le nom de la localité » avant de lui indiquer sa position près du cours d’eau.

D’autres notes de renseignement que nous avons pu consulter font froid dans le dos et indiquent toujours des appels téléphoniques réguliers des combattants à Saïdou Sékou pour rallier sa position. Par exemple, selon cette note du 5 juin 2020 à 18h10 : « le cousin de Alaye lui a déclaré qu’il se trouve à Bouaké et non Gnagara (Niakara, NdR). Après avoir informé son cousin que Aymane lui a donné l’autorisation de rejoindre le GAT, Alaye lui a dit d’emprunter l’un des véhicules de transport du matin ou du soir qui partent de Bouaké à Kong où il le croisera. Il a précisé que de Bouaké à Kong, on traverse Katiola et Dabakala et que toute la voie est goudronnée. Il a ajouté que si son cousin pouvait démarrer le 06 juin au matin, il croiserait en cours de route des combattants de l’Ouest qui se rendent à la base pour suivre. »

Plusieurs interceptions téléphoniques existent dans lesquelles des combattants djihadistes entrés en Côte d’Ivoire, appellent Saïdou Sékou pour avoir sa position afin de l’y rejoindre. Ces écoutes permettent de savoir à quel point les djihadistes sont en confiance. Ils se permettent même de faire venir leurs femmes auprès d’eux.
Selon cette même note de renseignement, ce dernier a laissé entendre ensuite à Saïdou Sékou qu’un certain Tanimou « voudrait savoir si Zoubaïrou est arrivé à son niveau ». Puis, au tour de Saïdou Sékou de dire à l’homme « d’informer Abou Aïcha que son proche (probablement sa femme) est arrivé, car cela lui redonnera de la joie ».

Leurs femmes posent des problèmes de logistique, puisqu’elles ont besoin de bois pour faire la cuisine et on ne les laisse pas sortir du camp pour aller en chercher. Et le chef de répondre : « une dame a rendu compte à Abou Zeïde que sa situation et celles des autres femmes est compliquée, car elles ne peuvent pas sortir chercher du bois et puiser l’eau pour se nourrir ». Celui-ci lui a répondu dans le même sens qu’Aymane en leur disant que « malgré qu’il n’y ait pas d’hommes avec elles, elles doivent sortir acheter le matériel manquant à Kong dont un fourneau et un sac de charbon qui coûte mille cinq cents (1 500) pour se débrouiller en attendant une solution ».

À suivre …

CHRIS YAPI NE MENT PAS.

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